«Vous avez dit ‹extrémisme›?»

20.02.2011

C'est la vieDer folgende Artikel ist eine Vorabveröffentlichung aus der zweisprachigen DFG-Schülerzeitung C’est la Vie.

Vous avez dit « extrémisme » ?

Une longue histoire…

L’extrémisme est une maladie bien connue de notre Vieux Continent qu’est l’Europe, qui a vécu les pires symptômes du virus de l’extrémisme et qui est consciente plus que jamais que c’est une maladie extrêmement contagieuse, difficile à soigner et surtout récidiviste.
Fondé sur l’intolérance, le racisme, la xénophobie, l’exclusion de « l’autre », l’extrémisme semblait être à jamais vaincu avec la création de l’Union Européenne au lendemain de la seconde guerre mondiale, durant laquelle l’Europe a assisté aux plus grandes fièvres d’extrémisme de son histoire: l’antisémitisme, le fascisme, le communisme, entre autres.
Ainsi, fondant l’Union Européenne sur les valeurs universelles des Lumières et des Droits de l’Homme, l’Europe se sentait désormais à l’abri de ce virus en trouvant son remède dans la tolérance et la volonté de protéger avant tout la dignité de l’Homme, quelque soit son sexe, sa race, ses origines ethniques. Cependant, ces fondements solides n’ont pas empêché la récidive du virus de l’extrémisme au sein de la famille européenne et plus précisément en Bosnie, au cours des années 1990, où l’Europe a été témoin une fois de plus aux atrocités du « nettoyage ethnique » de près de 8000 hommes et jeunes garçons musulmans par les nationalistes serbes…
Ainsi donc, quelque soit son époque, sa progression de plus en plus affirmée vers de véritables démocraties libérales et sa volonté de vivre ensemble en paix, ni l’Europe ni les autres pays du monde, ne seront jamais complètement immunisés contre l’émergence de nouvelles formes d’extrémisme.

Un défi européen !

A première vue, on penserait aujourd’hui, dans le contexte actuel de sortie de crise économique, que le défi majeur de l’Union Européenne en ce qui concerne son avenir, repose en quelque sorte sur la survie de l’euro ou sur d’autres facteurs économiques. Mais le véritable danger et défi qui guette l’Union Européenne, qui est certes une union économique mais surtout culturelle, c’est l’islamophobie qui s’est emparée de tous les pays occidentaux à la suite des attentats du 11 septembre 2001.
Rappelons que, que ce soit le fascisme, le nazisme, le communisme ou l’islamisme, tous les mouvements extrémistes ont quelques subtils qualités en commun, à savoir leur concentration autour d’un ennemi commun – juifs, immigrés ou capitalistes-exploiteurs – dont ils puisent véritablement leur force en développant envers eux des sentiments de peur, de haine et de violence. Il s’agit alors de réveiller dans la population la paranoïa du danger que présente cet « ennemi » qui n’a pour unique dessin de nous anéantir.
Ainsi donc, depuis les attentats du 11 septembre, l’immigration, en particulier musulmane, est perçue plus que jamais comme une forme de « colonisation », présentant un véritable danger pour les Européens comme l’affirme tout à tour Orian Fallaci, un journaliste italien, en parlant « d’Eurabia au lieu d’Europe », ou Christopher Caldwell, un écrivain américain, pensant que « l’immigration musulmane n’enrichit pas la culture occidentale mais la supplante ».
Ces pensées au but apocalyptique sont accompagnées par les statistiques de Bernard Lewis, un historien américain, qui fait constater aux Européens horrifiés leur taux de natalité relativement faible par rapport à ceux, élevés, des musulmans et qu’à cette vitesse le continent européen deviendra un prolongement du Maghreb. Enfin, l’islamophobie trouve surtout sa source dans la multiplication des actes terroristes perpétrés soi disant au nom de l’Islam par des fanatiques religieux et conduisant ainsi à une méfiance de la part des Européens envers toute la communauté musulmane, considérée désormais entièrement comme un clan terroriste potentiellement dangereux.

Un seul remède…

Mais n’oublions pas que bien souvent l’émergence de l’extrémisme est la directe cause d’une peur irrationnelle et infondée qui peut être instrumentalisée par les dirigeants politiques. Certes, des fanatiques religieux font peur par leur utilisation de la violence mais ce radicalisme religieux ne concerne pas la majorité de la population musulmane, qui ne veut pas se voir exclue alors que la plupart manifeste un désir ardent d’intégration. Il est donc nécessaire de cesser de placer les gens dans des cases ethniques et de respecter la liberté individuelle de chacun et chacune.
Cependant, il est parfois difficile de garder l’équilibre entre le respect à la diversité, à la tolérance et le respect de la liberté d’expression de ceux qui “remettent en cause les croyances fondamentales d’autrui”, une liberté de pensée qui ne doit certes pas être sacrifiée au nom de l’intégration mais qui doit se charger au contraire de promouvoir l’échange culturel… Or certains discours politiques sont sources de beaucoup de controverses : citons pour exemple Thilo Sarrazin, qui affirme dans son fameux livre Deutschland schafft sich ab que la présence en Allemagne de millions d’immigrés – pour la plupart des Turcs musulmans – est une menace pour l’avenir du pays. C’est dans ce contexte que le gouvernement d’Angela Merkel a évoqué la mort du « multikulti ». En France, on voit un ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui est condamné pour injure raciale après avoir dit : « Lorsqu’il y en a un, ça va, c’est lorsqu’il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. ». Des événements de Grenoble de l’été dernier conduisant le président Nicolas Sarkozy à vouloir retirer la nationalité aux criminels “d’origine étrangère” à l’interdiction de la burqua par le parlement français, c’est donc en partie l’islamophobie et la peur face à ces immigrés musulmans qui rendent de plus en plus difficile l’intégration en Europe.
Ces difficultés d’intégration proviennent certes en partie des immigrés eux-mêmes, non en raison de leur race ou de leur patrimoine génétique, mais à cause de leur culture, de leurs valeurs et de leurs expériences. Quant à l’islam, il s’exclut lui-même de la société occidentale en se plaçant parfois au-dessus des lois avec la Charia. Mais le seul moyen pour éviter le choc des cultures et ainsi l’intolérance face à l’autre, source éminente d’extrémisme politique, c’est de déployer davantage d’efforts à intégrer les immigrés à leur nouvelle culture – par l’éducation, l’enseignement des Droits de l’Homme et de la laïcité, la pleine participation à la société via la notion d’identité – tout en « respectant toutes les différences synonymes de richesses » comme l’affirme le président allemand, Christian Wulff.
Ainsi donc nous avons vu que l’extrémisme qui repose sur l’intolérance est un sujet plus qu’actuel en Europe et que ce sera le grand défi du XXIème siècle que d’en venir à bout ! Prenons naturellement conscience que cette réussite repose sur l’existence de personnes qui ont eu la chance d’avoir pu connaître, comprendre et vivre l’intégration des diverses cultures, comme nous au sein de notre lycée franco-allemand, qui abrite en outre plus de 15 nationalités différentes. Nous avons par conséquent appris à communiquer avec « l’autre », en évitant la bêtise de l’extrémisme, de la xénophobie, du racisme au profit de l’ouverture d’esprit et de la tolérance.

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots » (Martin Luther King)

Aylin Gül, rédactrice française au journal C’est La Vie

Kommentare:

Gisela Platz (20/03/2011 à 20:30):
Ich finde Aylin Güls Beitrag klasse! Nicht nur, weil ich zusammen mit Herrn Schröder die AG Schülerzeitung leite, sondern weil sich da endlich einmal eine junge Stimme zu Wort meldet bezüglich dessen, was alte Stimmen in die Welt hinausgetragen haben und was sich deshalb als Thema so mit der fragwürdigen Hilfe der Medie so versteinert hat, dass man glaubt, es nicht mehr zum Leben erwecken zu müssen. Ich persönlich finde es beachtenswert, wenn jemand wie Aylin Gül via einem Artikel zu einer Debatte beiträgt bzw. eher aufruft, der wir uns als ein bikulturelles Gymnasium i.S. einer europäischen Identität angesichts der derzeitigen Polemik gegenüber des Islam nicht entziehen sollten! Nein: Wir sollten uns ihr stellen! Ich würde mich freuen, wenn Aylin dies gelungen wäre! Dies entspräche nicht nur dem Anliegen unserer Schülerzeitung “C’est la vie”, sondern auch uns als dem DFG – nicht zuletzt würde es mich auch erfreuen als Philosophielehrerin dieser Schule: Teilnehmen am Leben in der gesamten Peripherie um uns, mitdenken, Stellung beziehen! – Danke Aylin für deinen Beitrag!

NIEDERLAENDER Jérémy (19/03/2011 à 20:44):
ce n’est pas un article qui va changer le monde mais c’est quand même bien d’en parler

ALBERT Frédéric (25/02/2011 à 16:26):
Un essai très intéressant et au plus proche de l’actualité internationale. Bravo!

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